LES ENTRETIENS DE L’ADENDUR – Entretien avec Anaïs DANET

LES ENTRETIENS DU BULLETIN

Entretien avec Anaïs DANET

Professeure agrégée de droit privé et sciences criminelles et Doyenne de la faculté de droit et de science politique de Reims

Par Syliane BADRAN, Chloé DERAEDT et Mariana KATO


Professeure agrégée de droit privé et sciences criminelles, Anaïs DANET est Doyenne de la Faculté de Droit et Science Politique de l’Université de Reims Champagne-Ardenne depuis le premier septembre 2020. Elle nous a fait l’honneur de nous accorder un entretien le 9 décembre 2020 au cours duquel elle a répondu à nos questions sur son parcours universitaire et professionnel ainsi que les défis auxquels la faculté de droit fait actuellement face.

 ADENDUR – Pourriez-vous nous présenter votre parcours universitaire ?

J’ai réalisé mes deux premières années en suivant à la fois des cours à la faculté de droit et au lycée dans une classe préparatoire pour le concours de l’Ecole Normale Supérieure CACHAN, avec des cours de culture générale, d’économie et de langues en plus des cours de droit. À l’issue de ces deux années, j’ai passé le concours CACHAN mais n’ai pas été admise. En troisième année de licence, j’ai intégré une double-licence droit et administration publique, en suivant des cours à la fois à la faculté de droit et à l’IEP de Bordeaux, notamment des cours d’économie, de problèmes politiques et sociaux. J’ai poursuivi à la faculté de Bordeaux avec un Master 1 en droit pénal et carrières juridiques, préparant dans le même temps un DU de sciences criminelles. J’ai ensuite entrepris un Master 2 Recherche en droit pénal à l’issue duquel j’ai soutenu un mémoire sur le droit à l’image et le droit pénal. Dans les derniers mois du Master 2, j’ai exercé des fonctions d’assistante de justice au TGI de Limoges. Cette expérience m’a fait prendre conscience que malgré le fait que j’avais toujours souhaité être magistrate, j’estimais manquer encore de maturité pour le devenir à 22 ans. J’avais par ailleurs apprécié mon expérience de la recherche dans le cadre de la réalisation du mémoire, et mon classement à la sortie du M2 m’a permis d’obtenir un contrat doctoral à Bordeaux. J’ai accepté ce contrat avec l’idée de poursuivre dans la magistrature à la suite de mon doctorat. Cela m’a permis de goûter à l’enseignement, qui m’a beaucoup plu.

Ayant soutenu ma thèse en 2016, j’ai décidé de continuer mon parcours dans l’enseignement et la recherche, mais mon contrat d’ATER étant arrivé à son terme, j’ai cherché un emploi me permettant de patienter jusqu’au concours de la maîtrise de conférences. J’ai ainsi été recrutée en tant que juriste assistante au TGI de Bordeaux dès janvier 2017. En parallèle, j’ai été qualifiée par le CNU en février 2017, j’ai ainsi réalisé le fameux « tour de  France » des futurs maîtres et maîtresses de conférences dans les universités qui m’ont accordé une audition. J’ai été classée première à Reims sur un poste de maître de conférences que j’ai intégré dès septembre 2017. L’année suivante, je me suis inscrite au concours de l’agrégation qui a démarré en septembre 2018. J’ai été classée sixième au concours, ce qui m’a permis de rester à la Faculté de Reims.

ADENDUR – Quelles sont les difficultés rencontrées pendant votre parcours ?

En tant qu’étudiante, la principale difficulté était, j’imagine, celle que connaît tout étudiant : gérer le stress des examens. Je pense également à des difficultés liées aux frustrations ressenties en cas de mauvaises notes. Il est parfois difficile de relativiser cela quand on est étudiant.

Concernant les difficultés que j’ai pu rencontrer pendant ma carrière d’enseignante-chercheuse, je crois que pour moi le plus difficile à vivre est le manque de temps. D’une part, cela est lié aux charges administratives, qui font partie du métier, mais qui aujourd’hui demandent parfois un temps trop important par rapport à ce qui devrait être le cœur du métier, à savoir l’enseignement et la recherche. D’autre part, cela tient au fait que nous sommes amenés à produire des articles, des commentaires de jurisprudence dans des temps qui sont relativement restreints. Et même quand cela s’inscrit dans un temps plus long, j’ai fréquemment le sentiment de ne pas avoir eu assez du temps pour approfondir autant que je l’aurais souhaité. Le perfectionnisme qui est le mien, et qui est, je crois, souvent celui des enseignants-chercheurs en général, me laisse parfois un sentiment de frustration lié à l’impression de rendre un travail qui aurait pu être encore amélioré.

ADENDUR – Avez-vous ressenti des difficultés particulières liées au fait d’être une femme dans ce domaine ?

Je n’ai pas vraiment ressenti cette difficulté. L’Institut de Sciences Criminelles et de la Justice de Bordeaux auquel j’étais rattachée durant ma thèse a toujours comporté de nombreuses femmes et j’ai fait mes études entourées de figures féminines inspirantes, comme ma directrice de thèse, ou d’autres professeures bordelaises. Par la suite, je n’ai jamais souhaité que mon genre soit une véritable « question » et entre en jeu dans ma carrière et par chance, je ne crois pas avoir été confrontée à une telle problématique à titre personnel. Cette question s’est néanmoins posée au moment du décanat : à cet instant, j’ai eu conscience qu’être doyenne me permettrait aussi de faire avancer la visibilité des femmes dans cette fonction.

ADENDUR – Comment avez-vous choisi le droit privé et particulièrement le droit processuel alors que votre parcours était plus orienté vers le pénal ?

Je n’ai jamais réellement su choisir. Je m’étais d’abord dirigée vers le droit public avec la licence d’administration publique. Le choix du droit pénal était lui-même une manière de ne pas réellement choisir : le droit pénal est à la croisée du droit privé et du droit public. Je me suis finalement dirigée vers le droit privé parce que mon objectif premier était d’intégrer la magistrature judiciaire. Je crois que le choix du droit processuel s’explique par mon intérêt pour le fonctionnement de la justice et du procès qui m’a toujours animée.

ADENDUR – Comment avez-vous choisi votre sujet de thèse et comment décrivez-vous votre relation avec le sujet tout au long de la thèse ?

J’ai choisi le sujet sur une liste proposée à l’issue du Master 2. Contrairement à ce qui se pratique aujourd’hui à Reims – le contrat doctoral est attaché à un sujet –, l’attribution du contrat doctoral était attachée à une personne. J’avais donc rencontré de potentiels directeurs de thèse qui m’ont chacun proposé une liste de sujets. J’ai choisi le sujet intitulé « le principe de présence en droit processuel » qui n’est pas exactement le titre de ma thèse telle que je l’ai soutenue (« La présence en droit processuel »). Mon choix était intuitif, ce sujet me paraissant entretenir des liens avec le côté humain et humaniste de la justice, thème qui me passionnait. J’ai néanmoins rencontré des difficultés avec ce sujet parce qu’il était très peu traité. J’ai parfois été confrontée à un vide sur la question, il y a donc eu des moments où j’ai regretté un tel choix. Je l’ai finalement transformé pour qu’il corresponde davantage à mes recherches, et à ma démonstration. La relation entre un doctorant et son sujet n’est jamais linéaire : on l’aime, on le déteste puis on l’aime à nouveau. Il y a quand même un lien d’attachement fort entre le doctorant et son sujet dès lors que ce dernier nous poursuit plus tard au moment de la maîtrise de conférences, de l’agrégation ou encore dans les travaux scientifiques que l’on peut réaliser. C’est, en début de carrière, le sujet de thèse qui définit le champ de spécialité d’un chercheur. De manière générale, le choix du sujet est aussi un peu de la responsabilité du directeur de thèse. Son expérience lui permet de mieux déterminer les sujets qui se prêtent à un travail doctoral.

 ADENDUR – Quels sont les premiers souvenirs qui vous viennent à l’esprit quand vous repensez à votre thèse ?

L’expérience de la thèse est très riche, tant d’un point de vue scientifique que d’un point de vue personnel. Sur le plan personnel, on y passe en moyenne cinq ans et c’est un temps pendant lequel on mûrit, on est confronté à beaucoup de choses par rapport à soi. Sur le plan scientifique, ce que j’en retiens principalement est l’importance du doute, qui m’a parfois habité de façon très importante, peut-être même trop ! Le plus difficile dans la thèse est de devoir parfois remettre en question ce sur quoi on a passé des heures voire des mois. Mais le doute est aussi ce qu’il y a de plus salvateur : il arrive un moment à la fin de la thèse où se produit une sorte de déclic. J’ai passé quatre ans à réfléchir puis rédiger ma thèse avec la constante impression qu’il manquait encore quelque chose, que je ne savais pas encore précisément ce que j’allais démontrer ou si ce que j’allais démontrer était véritablement intéressant. Puis, un jour, les choses se sont éclairées et cela m’a donné un nouveau souffle. Je crois que ça n’aurait pas été possible sans ce doute permanent. Ce qui me revient également est, qu’à un moment donné, le sentiment germe qu’il faut en finir avec la thèse même si ce n’est pas parfait. Et c’est normal puisqu’il s’agit d’une œuvre de jeunesse, ce qui est paradoxal puisqu’il s’agit, en général, du travail de plus grande ampleur dans la vie d’un chercheur. Enfin, je retiens également l’importance de la relation avec ma directrice de thèse qui a su m’arrêter quand j’en avais besoin. Alors que je sentais que j’étais prête pour soutenir au bout de quatre ans, ma directrice m’a conseillé de me donner un an pour perfectionner mon travail. Cela avait été dur à entendre, mais aujourd’hui je lui en suis reconnaissante car je pense qu’avec une thèse moins aboutie, je n’aurais pas eu le début de carrière que j’ai la chance d’avoir. Il est donc important de construire des rapports de confiance avec son directeur de thèse.

 ADENDUR – Comment avez-vous vécu l’expérience du concours de l’agrégation ? Quels conseils donneriez-vous à un futur candidat ?

Il s’agit d’un concours long et épuisant, plus nerveusement que physiquement d’ailleurs. Le plus difficile était le temps d’attente entre les épreuves, puis entre les épreuves et les résultats. Il est difficile de dire qu’il y a une solution miracle puisque, comme dans tout concours, il y a une part de chance non négligeable. À mon sens, la clé du succès est tout d’abord d’avoir confiance en soi et en ses compétences. Il n’y a rien de pire que de passer un examen ou un concours en se préparant à échouer. Le deuxième élément qui m’a aidée a été de relativiser le concours lui-même, de comprendre que, précisément, ce n’est qu’un concours. Il reflète ce que l’on a pu produire au cours des quatre épreuves, à chaque instant T, mais l’échec ne doit pas remettre en cause tout ce que l’on pensait savoir sur soi ou sur ses connaissances. La troisième clé est de comprendre qu’il s’agit d’un concours académique qui exige davantage de méthode que de fond. Le concours cherche à révéler des enseignants dotés avant tout de qualités pédagogiques et donc capables de délivrer un savoir de manière structurée et dynamique. Pour cela, il y a des canons à maîtriser. L’essentiel est d’intégrer tous ces canons plutôt que d’essayer de briller sur le fond (ce qui n’est pas incompatible !). Néanmoins, la vision du concours est différente en fonction des personnes, il s’agit d’une impression personnelle.

 ADENDUR – Que pensez-vous de la suppression de la leçon de 24h ?

Je suis assez mitigée sur cette question. D’une part, les critiques qui lui sont faites sont tout à fait justes et justifiées, en particulier concernant les inégalités que cette épreuve peut créer entre les candidats parisiens et les candidats provinciaux. De ce point de vue, il y a des pistes d’amélioration. D’autre part, pour l’avoir vécu à de nombreuses reprises, une fois en tant que candidate et les autres en tant qu’équipière, je n’en garde que de bons souvenirs. Il n’y a pas d’autre moment dans notre vie universitaire où l’on est confronté à une telle solidarité et émulation. Il faut pourtant considérer que les qualités qu’elle permet de vérifier ne correspondent pas à la réalité de la profession. Les Professeurs n’ont pas à gérer une équipe dans de telles conditions, avec cette tension et ce type de sujet.

 ADENDUR- Comment avez-vous été amenée à prendre la position de Doyenne de la faculté de droit de Reims ?

À la suite de l’annonce de son départ de l’Université de Reims, Julien BOUDON m’a suggéré de me présenter pour le poste. Après y avoir réfléchi, j’ai fini par saisir l’opportunité et me lancer dans l’aventure. Le Conseil de gestion m’a accordé sa confiance, j’essaie donc maintenant d’en être digne. J’ai aussi été poussée à accepter ces fonctions parce que je me suis toujours dit, en tant que chargée de TD puis durant la maîtrise de conférences, qu’il y avait sans doute des choses à faire pour améliorer les conditions d’études des étudiants, les maquettes des diplômes etc. Et je pense que je m’en serai voulue en quelque sorte de ne pas saisir cette opportunité d’essayer de faire changer les choses dans le sens que j’estime être le bon. J’ai également accepté les fonctions de Doyenne de la faculté de Reims en connaissant les équipes, qu’il s’agisse de mes collègues enseignants ou des équipes administratives en place. Je savais donc que je ne serai pas seule dans cette tâche, les conditions étaient réunies pour que tout se passe bien.

 ADENDUR – Qu’est-ce qu’a changé votre mandat de Doyenne dans votre quotidien professionnel ?

Mon temps se divise différemment. J’essaie de me rendre sur le site de la faculté deux à trois jours par semaine pour traiter les questions relatives au décanat : traitement des mails, résolution des difficultés ponctuelles que peuvent rencontrer les enseignants, les étudiants et le personnel administratif, etc. Et j’essaie de conserver au moins deux jours par semaine pour la recherche. C’est une activité que je n’ai absolument pas envie de mettre de côté, même si de fait j’y passe un peu moins de temps qu’avant. Pour le moment, je refuse catégoriquement de laisser cela entièrement de côté. La seule solution pour se ménager ce temps-là – et c’était d’ailleurs un conseil de mon prédécesseur Julien BOUDON – c’est de se mettre en retrait au moins ces deux journées pour avancer sur les activités de recherche. Notamment, je travaille en ce moment sur un projet de manuel en procédure civile. Cela est toutefois susceptible d’évoluer, d’une part, puisque cela est nouveau pour moi pour le moment et, d’autre part, parce que la gestion de la crise implique d’anticiper et de gérer des difficultés inconnues à ce jour. Mon temps d’enseignement a néanmoins été réduit. L’année dernière j’étais en sur-service assez important, et cette année mon service est revenu à la normale, voire en deçà. Les fonctions de doyen permettent de bénéficier d’une décharge de service, que je n’ai pas sollicitée entièrement car il est important pour moi de garder le contact avec les étudiants et parce que j’aime enseigner les matières que j’enseigne actuellement. La différence notable est peut-être que mes journées sont plus chargées évidemment, mais aussi plus régulières. J’ai un rythme de travail plus cadré, je m’astreins à des horaires fixes de travail et à sanctuariser des plages horaires pendant lesquelles je ne travaille pas. Ce n’est pas toujours évident, mais cela me semble important, quelles que soient les fonctions que l’on occupe.

 ADENDUR – Selon vous, quels sont les défis de la faculté de droit aujourd’hui ?

S’il faut répondre à cette question dans le contexte de la crise sanitaire, le défi actuel principal de la faculté et de l’Université en général est d’accompagner au mieux les étudiants dans le cadre de ces enseignements en distance mis en place de façon forcée, tout en maintenant le niveau de qualité de nos formations pour préserver la valeur des diplômes universitaires délivrés, que les étudiants pourront faire valoir par la suite sur le marché du travail. Il est parfois délicat de trouver le juste équilibre entre la prise en compte des particularités des situations difficiles que peuvent traverser les étudiants en cette période, et notre responsabilité en tant que garant de la valeur des diplômes décernés.

De façon plus générale, les facultés de droit et les universités doivent relever les défis liés entre autres à la crise des moyens de la fonction publique. Le défi principal tient à l’augmentation constante depuis quelques années du nombre d’étudiants auxquels il faut proposer une formation de qualité, sans augmentation équivalente des moyens financiers et humains qui devraient l’accompagner.

Sur le plan pédagogique, l’enjeu au sein des facultés de droit est à mon avis de transmettre aux étudiants l’idée que même si l’on est aujourd’hui face à une inflation législative très importante, la capacité à réfléchir qu’ils auront acquise à l’Université leur permettra d’être et de rester de bons juristes, y compris dans 20 ans si le droit devait avoir subi de profondes mutations. Ils seront capables de s’adapter. Je crois que là réside la force de l’Université (au sens large, pas uniquement des facultés de droit), qui est d’être capable de développer chez nos étudiants leur capacité à réfléchir. Il faut absolument se battre pour préserver cette vocation de l’Université.

Il nous faut aussi nous adapter au public qui évolue et cette évolution doit peut-être être accompagnée d’évolutions des méthodes pédagogiques. L’adaptation concerne notamment l’utilisation des outils numériques. Si les enseignements 100% à distance dans le contexte actuel présentent de terribles inconvénients, en particulier pour les étudiants qui peinent parfois à suivre le rythme imposé alors qu’ils sont privés des interactions « en présentiel » qui font le sel de la formation universitaire, certaines pratiques qui nous ont été imposées par le passage forcé au distanciel sont bénéfiques et mériteraient d’être maintenues au-delà des enseignements à distance. Je pense notamment aux interactions avec les étudiants sur les outils de chat. Il me semble que cela a permis à des étudiants qui ne se seraient peut-être pas manifestés dans un amphithéâtre d’intervenir plus facilement et plus librement. C’est évidemment une bonne chose.

 ADENDUR – Quel aspect préférez-vous entre l’enseignement et la recherche ?

Ma réponse est politiquement correcte et pourtant tout à fait sincère : il n’est pas possible pour moi de faire un choix car les deux sont vraiment complémentaires. J’ai toujours plaisir à revenir vers la recherche à l’issue d’une période intense en heures d’enseignement, qui ne permettent pas toujours un approfondissement des connaissances autant que je le souhaiterais. À l’inverse, lorsque j’ai la chance de pouvoir consacrer plusieurs semaines à la recherche sans voir d’étudiant (notamment pendant les périodes de vacances universitaires), je suis toujours heureuse de retrouver les étudiants et avec eux, le sentiment d’être utile en les aidant à devenir de meilleurs juristes. 

ADENDUR – Y-a-t-il une personne (un enseignant, un auteur) qui a particulièrement marqué votre parcours et/ou votre développement personnel en tant que juriste ?

Je me limiterai aussi aux auteurs contemporains et je citerai les trois auteurs du manuel de Théorie générale du procès qui paraît chez PUF, co-rédigé par Loïc CADIET, Soraya AMRANI-MEKKI et Jacques NORMAND, ouvrage qui est toujours sur mon bureau aujourd’hui. Pendant ma thèse, il m’a servi de phare dans les moments difficiles où je ne savais plus où chercher. C’est un ouvrage qui va au-delà du droit et présente des considérations sur l’économie de la justice, la sociologie du procès et cela donne des éclairages pluridisciplinaires sur la justice. Cette ouverture aux autres disciplines a énormément enrichi mes réflexions et j’essaie encore aujourd’hui de m’inscrire dans cette idée d’ouverture. Ce n’est cependant pas toujours chose aisée car les langages scientifiques employés dans les différentes disciplines ne sont pas toujours compatibles ! Je dois dire que cela force l’admiration que je peux ressentir pour ces Professeurs, dont l’un a d’ailleurs marqué l’histoire de la Faculté de Droit et de Science Politique de Reims. S’agissant des enseignants, je citerai le Professeur Jean Hauser qui enseignait le droit civil à Bordeaux. Il s’agit de l’un de ces grands Professeurs, à la fois experts reconnus de leur matière et qui savent faire vivre leurs enseignements.